04/02/2026

Pas encore obligatoire, le budget mobilité connaît déjà un succès grandissant

31% d’entreprises en plus proposent le budget mobilité à leurs salariés par rapport à 2024

Le budget mobilité progresse : en un an, le nombre d’entreprises (disposant de voitures de société) offrant le budget mobilité à leurs travailleurs a augmenté de 31 %. En nombres absolus, les chiffres restent toutefois limités : un peu plus de 4,5 entreprises sur 100 dotées de voitures de société permettent à leurs travailleurs d’échanger leur voiture de société contre une alternative plus écologique ou des espèces, contre un peu plus de 3,4 entreprises sur 100 en 2024. Ce sont surtout les entreprises qui seront obligées d’introduire un budget mobilité dans les années à venir qui prennent de l’avance. Telles sont les conclusions d’une analyse de l’expert en RH Acerta sur la base des données de 28 000 d’entreprises et de 370 000 travailleurs du secteur privé.

Au moyen du budget mobilité, les travailleurs dont la fonction les rend éligibles à une voiture de société peuvent dépenser le budget ou une partie de celui-ci comme bon leur semble : pour une voiture plus petite et plus écologique (pilier 1), pour d’autres moyens de transport durables comme un vélo, les transports en commun et la mobilité partagée (pilier 2) et/ou pour des espèces (pilier 3). Le budget mobilité devra obligatoirement être proposé dans les entreprises de plus de 50 travailleurs à partir de 2027 et cette obligation s’appliquera aussi aux PME de moins de 15 travailleurs dès 2028. Mais bon nombre d’entreprises n’attendent pas cette échéance, d’après les chiffres d’Acerta : au moins 4,51 % de toutes les entreprises pourvues de voitures de société l’offrent déjà. Il s’agit d’une hausse de 31 % par rapport à fin 2024.

Parmi les entreprises dotées de voitures de société et de 50 travailleurs ou plus, qui relèveront de l’obligation à compter de 2027, plus d’une sur dix (12,76 %) le fait déjà. Ici aussi, il est question d’une augmentation de 6 % en comparaison avec 2024. Les PME disposant de voitures de société et comptant entre 15 et 50 travailleurs ont jusque 2028 pour se mettre en ordre, et 6,78 % d’entre elles proposent déjà un budget mobilité. Soit une augmentation d’environ 29 % par rapport à 2024.

Les choix les plus populaires dans le budget mobilité

Par ailleurs, le pourcentage de travailleurs disposant d’un budget mobilité au lieu d’une voiture de société n’a connu qu’une légère hausse en 2025, à savoir 2 %. Le pilier 2 du budget mobilité en particulier a gagné en popularité (+22 %). Ce faisant, les travailleurs n’utilisent pas le budget pour une voiture de société écologique, mais pour d’autres moyens de transport durables tels que le vélo, les transports en commun et la mobilité partagée. Le troisième pilier, dans lequel les travailleurs reçoivent le budget mobilité restant, est moins populaire qu’en 2024 (-12 %). À peine un travailleur sur 24 opte pour un budget mobilité au lieu d’une voiture de société.

Kathelijne Verboomen, directeur centre de connaissance chez Acerta, explique : « Cette année sera une année cruciale pour les grandes entreprises qui devront se préparer à l’introduction obligatoire du budget mobilité. La prise de conscience progresse : selon notre enquête de panel, seuls 7 % des employeurs proposant des voitures de société ignorent encore les implications exactes de cette obligation. Dès lors, ils ont encore du pain sur la planche dans les mois à venir en ce qui concerne la préparation du déploiement du budget mobilité. De plus, à partir de cette année, les travailleurs qui ont recours à un budget mobilité ne peuvent choisir que des moyens de transport électriques. Au-delà de l’obligation légale, le budget mobilité constitue un atout essentiel dans la guerre des talents, y compris pour les petites PME. Pour attirer un candidat approprié pour une certaine fonction, l’offre d’un budget mobilité peut donner le coup de pouce nécessaire qui convaincra un candidat potentiel. » ​

Pourquoi les employeurs s’y mettent (ou non) ?

Selon notre enquête de panel, les employeurs qui n’introduisent pas le budget mobilité pour l’instant ne le font principalement pas encore à cause d’un manque de clarté concernant les obligations et les exceptions (72 %), suivi par les contrats de leasing, de location ou autres en cours pour les voitures de société (48 %) et par un manque de demande de la part des travailleurs (42,7 %). Les plus petites entreprises se montrent plus réticentes que les grandes entreprises face à l’instauration du budget de mobilité. Six entreprises sur dix comptant moins de 50 travailleurs sont même totalement opposées au budget mobilité obligatoire. Sept petites PME sur dix (68,4 %) ne le proposeraient pas non plus s’il n’était ou ne devenait pas obligatoire pour elles. Chez les employeurs recensant 50 à 249 travailleurs, ce pourcentage recule à 54,6 %. Enfin, chez les grands employeurs (+ 250), précisément 50 % le feraient et 50 % non.

Autre constatation de l’enquête de panel : le degré de faisabilité de l’introduction pour les employeurs dépend fortement de la taille de l’entreprise. Parmi les petites entreprises dotées de voitures de société (1-49 travailleurs), 43,9 % considèrent le budget mobilité comme (totalement) irréalisable, contre 31,6 % dans les moyennes entreprises (50-249 travailleurs) et 26,4 % dans les grandes entreprises (+ 250 travailleurs).


À propos de l’étude

L’enquête de panel a été menée auprès d’un échantillon de 399 répondants, dont 289 ont rempli entièrement le questionnaire. 87 % des participants étaient néerlandophones et 13 % francophones. 87 % conduisaient une voiture de société et 13 % non. 30,2 % travaillaient dans une entreprise comptant 1 à 49 travailleurs, 31,8 % dans une entreprise de 50 à 249 travailleurs et 38 % auprès d’un employeur comptant plus de 250 travailleurs. ​

Les chiffres propres reposent sur les données de plus de 370 000 travailleurs – parmi lesquels plus de 57 000 commencent un nouvel emploi – en service auprès de 28 000 employeurs à la fois des PME et des grandes entreprises du secteur privé.

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